Sans voix... Je ne sais pas...

28 avril 2008

Hier, je suis née...

Errances à bout d'âme... C'est leurs artifices que je chasse, la parure qu'ils sculptent à ma vie que j'efface. Dos au mur, je n'ai que mes mots pour écrire qu'on a volé ma vie. Et je m'invente un coupable à chaque tristesse qui effrite mon âme. A chaque larme j'esquisse une souffrance, et je venge la sècheresse de ces yeux qu'on oublie. A trop en vouloir à ce monde de m'avoir fait naitre, je m'égare loin de ces heures de vérité. Image figée de ma lutte sur cette Terre, un bout de papier chiffonné sur le bord de mes nuits. J'ai écouté les fables de peuples errants, j'ai parlé à leurs dieux, prié leur toute puissance... J'ai posé mon front pour te servir, et si ce n'était pas toi, je ne me suis pas trompé... Mes illusions te voilaient, leurs écrits te peignaient en une esquisse de plénitude, et j'ai fouillé leur théorie du tout pensant combler leurs grossièretés par ta ruse... Hier est encore trop loin... Je n'ai pas toutes les pierres pour me reconstruire, le sable humide reste imprégné après toutes ces heures d'oubli forcé.

Nul besoin de m’évader, aussi loin que mes pas me soulèvent je te vois. Je t’attends depuis que j’ai ouvert les yeux. Je ne t’avais pas oublié, non. Tu es si loin que mes mots n’y peuvent rien… Inspirée de ta quête, j’ai noirci mes doigts d’une encre indélébile. Eux seuls sont les témoins de ces lettres invisibles que j’écris jour et nuit. Chants de mon âme, ils épurent mes pensées de ce supplice… Mais rien n’y fait, je souffre de ta perte. Je pleure un fantôme à mesure que je vois ma raison naitre. As-tu seulement désiré que je te cherche ? Je rejoins la mélancolie des âmes qu’on piétine, en vie trop sages pour dire « je sais », aujourd’hui elles sont lumières pour les enfants de la vérité et ténèbres pour les défenseurs de la crédulité...

 

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Tout à apprendre

Il est de notre devoir de combattre l'ignorance. Partout, aussi loin que cet air nous porte, chantons la connaissance. Soyons fiers d'ouvrir cœur et regard à cette douce liberté d'apprendre. Personne ne doit être privé de cette saveur, personne ne doit rester aveugle à ces mots de l'histoire humaine. Elle est notre vie, notre envol, notre force et l'harmonie qui fait que nous sommes hommes en ce monde. Criez votre soif par delà les horizons, l'eau de science est à qui veut s'y abreuver. La beauté qui nous distingue, le bourgeon de cette intelligence nous appartient. Approchez, enfants de la terre ! Votre dû est la connaissance. Approchez, les myriades de pensées vous sublimeront l'âme. Il ne tient qu'à nous d'affiner les ailes de ces voyageurs du savoir. Tout ce que l'humanité a pu créer, tout ce qu'elle a pu penser et instituer appartient à ces enfants de l'espoir. Eux sont la clé du monde. Enseignez la réflexion, enseignez la méthode, enseignez la critique, enseignez le goût du doute et de la recherche, enseignez les pas de l'homme, enseignez l'immensité qui a fait naitre cette conscience qui nous rend témoins de ses merveilles, enseignez la fragilité de la pensée, de la liberté, de la dignité, enseignez la tolérance, enseignez sa source, l'humilité, dites à ces poussières de l'univers qu'elles sont le fruit de ce qui appelle infiniment à être compris. La noblesse de la recherche de la vérité vaut tous les trésors, toutes les âmes, tous les sacrifices, et détrône l'ombre du dogme de l'Homme... 

idiot

Posté par sapere_aude à 21:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Premier cri

Là où meurent les rêves... Les prémices d'une vie qu'on croit éternelle. Je te cherche et y livre mon corps, y écorche mon âme pour te trouver. Toi, le sens de l'insensé. J'espère trouver l'harmonie dans le chaos, la voie dans le silence, un rival au hasard qui ferait relever mon honneur. Mais qui es-Tu toi qui dévore mes nuits mot à mot... Me laissant sombrer dans la folie de la réalité. Au coin d'une rue glaciale, je trouve refuge, loin de tout, loin de cette hideuse et oppressante nécessité de comprendre. Elle m'a parlé à voix douce, m'a flatté la conscience. Moi, humaine, au dessus de tout et au dessous de ma propre condition d'être. J'ai mendié une cause à mon univers, harcelé le vivant et l'inerte, l'ai assailli de mille interrogation afin qu'il me soit accordé le repos. Mais nulle part n'est ma quiétude, trop hasardeuse la certitude. Je construis ma forteresse et l'entretient car je sais que mon esprit est trop susceptible pour que je le délaisse. A mon grand regret, il est trop fragile, trop vulnérable face à ce monde que l'on croyait crée pour lui. Il se découvre rejeton de l'aléa. Je porte en moi les premiers mots de l'univers connu. Lourd héritage pour une orpheline. Je n'ai pas plus désiré vivre que la nature n'a eu besoin de moi. Et pourtant.... Tu m'as tuée à coup de vie, empoisonnée de ta matière, tu as cru m'illusionner en voilant tes mystères, en m'offrant une arme pour te cerner, qui s'est révélée assassine de ma pensée... Puisque c'est cette même conscience que tu as fait naitre en moi apte à repeindre tes desseins qui a restreint ma vue, assourdi mon cœur, et m'a cruellement fait croire que tu m'avais créée et désirée, qu'un jour tu me ramènerais à toi et que cette errance avait raison d'être aussi éprouvante. Mais j'ai su me dépouiller de moi-même. J'ai appris à forte violence à ne jamais fermer les yeux, à ne jamais désirer ce que mon âme désire mais ce qui doit l'être avec ou sans mon existence. Dès lors, j'ai relevé la tête de ces fables, trop humaines pour être justes, trop humaines pour être vraies. La vérité n'est pas celle que je souhaite, elle vit sans moi bien qu'elle coule dans mes veines, qu'elle anime mes pensées, qu'elle est la lumière qui se reflette en tout. Je n'ai rien pour moi, je vis au travers des pensées et lutte contre ma propre survie.

Posté par sapere_aude à 18:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]